La langue que nous parlons influence les couleurs que nous percevons

Une étude réalisée en 2006 a révélé que les membres de la tribu Himba, une culture de Namibie qui n’a pas de mot pour la couleur « bleue », n’arrivaient pas à identifier un carré bleu parmi plusieurs carrés verts, car pour eux, ils étaient tous verts. Les anglophones n’ont eux aucune difficulté à réaliser cette tâche.

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En revanche, lorsqu’ils sont présentés avec plusieurs carrés verts, dont un d’une teinte légèrement différente des autres, les membres de la tribu Himba sont capables d’identifier immédiatement le carré différent des autres, ce que les anglophones ne parviennent pas à faire. C’est parce que la langue de la tribu Himba, l’otjihimba, possède des mots pour décrire la plupart des teintes que les anglophones qualifient simplement de « vertes ».

Pensez maintenant à la façon dont l’océan et la couleur bleue nous semblent fondamentalement liés l’un à l’autre. Pour un anglophone ou un francophone, l’océan est tout simplement bleu.

Pourtant,ce n'est pas ce que Homère voyait... Dans L’Odyssée, la mer est décrite comme « un vin sombre ». Le miel est décrit comme étant vert et les moutons sont violets ! Homère n’était pas le seul auteur de l’époque dont le monde était dépourvu de bleu. Intrigué par l’absence de cette couleur dans l’œuvre d’Homère, William Gladstone, érudit britannique du XIXe siècle (puis suivi par le philosophe allemand Lazarus Geiger), a étudié de près les textes anciens du monde entier et a constaté que seuls les Égyptiens avaient un mot pour la couleur bleue. Ils étaient également la seule culture à avoir un pigment bleu.

Les travaux de Gladstone et Geiger sont arrivés à la même conclusion, qu’il s’agisse des langues de l’Inde ou d’Islande : les premiers mots de couleurs servent à désigner le noir et le blanc.

Ce sont les mots pour désigner la couleur rouge qui arrive ensuite, suivis des mots désignant le jaune et le vert. Dans chacune des langues étudiées, le bleu était la dernière couleur officiellement reconnue.

Pour les russophones, il existe plusieurs bleus et leur langue possède des mots distincts pour désigner le bleu clair (« goluboj ») ou le bleu foncé (« siniy »).

Auteur : Lindsay Kramer

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